Aller au contenu
Kiya
Agences d'intérim
Pilotage & rentabilitéDirigeant

Coefficient de délégation et de gestion en intérim

Le coefficient multiplie le brut et donne le prix horaire HT. Délégation, gestion, bascule : ce que chaque formule paie, et comment comparer deux devis.

8 min de lecturePublié par Publié le

Le coefficient de facturation est le multiplicateur que l'agence applique au taux horaire brut pour obtenir le prix horaire hors taxes facturé à l'entreprise utilisatrice. La formule tient en une ligne : brut × coefficient = heure HT. Aucun texte ne fixe le coefficient de délégation, le coefficient de gestion ni le coefficient de facturation. Le Code du travail encadre la rémunération de l'intérimaire et ses indemnités ; le prix de vente reste un accord commercial. Ce guide sert à lire ce que le coefficient paie, à séparer délégation et gestion, et à comparer deux devis sur la même assiette.

Ce que calcule un coefficient de facturation

Le calcul ne vaut que si l'assiette est écrite. Quand elle est le salaire brut horaire, un brut de 14,00 € et un coefficient de 2,10 donnent 29,40 € HT facturés. Ce 2,10 est un exemple de lecture, pas un tarif de marché. Changez l'assiette — primes déjà incluses, majorations dans le taux, indemnités passées en sus — et le même coefficient ne décrit plus le même prix. Avant de discuter un dixième, faites écrire ce que l'on multiplie.

Le coefficient n'est pas la marge. Il empile le brut, les charges, les indemnités, une part des frais de mission et ce qui reste à l'agence. Deux missions affichées au même coefficient peuvent laisser des restes très différents, parce que les cotisations, la durée et le coût pour trouver la personne ne sont pas les mêmes. Pour savoir si le taux tient, reconstruisez le coût de la mission, puis confrontez-le au prix plancher : en dessous, vous financez le client.

Délégation ou gestion : qui trouve le candidat

En délégation, l'agence cherche, sélectionne et met à disposition. Le coefficient de délégation paie ce sourcing en plus du coût employeur : paie, cotisations, indemnités, suivi, risque d'impayé et trésorerie, puisque l'entreprise de travail temporaire paie le salarié avant d'encaisser le client. L'ETT reste l'employeur. Le salarié signe un contrat de mission avec l'agence ; l'agence et l'entreprise utilisatrice signent un contrat de mise à disposition. Le coefficient ne change pas cette architecture.

En gestion, la personne est déjà identifiée : apportée par le client, déjà sur le site, ou connue de l'agence. L'ETT l'emploie toujours. Contrat de mission, bulletin, cotisations, indemnité de fin de mission et indemnité de congés payés quand elles sont dues : rien de tout cela ne disparaît. Ce qui change, c'est le service. Le coefficient de gestion rémunère surtout l'administration, le risque employeur et une marge plus étroite, parce que la recherche n'est pas à refaire. Ce n'est pas un statut à part. C'est une formule de prix.

Repère de pratique commerciale, pas un barème. Dans les grilles défendues en rendez-vous, le coefficient de délégation se discute souvent autour de 2,0 à 2,5 pour un profil courant, et le coefficient de gestion plus bas, avec un écart fréquemment de l'ordre de 0,2 à 0,4 point. Kiya ne mesure pas ces fourchettes : elles illustrent l'écart de service, elles ne sont ni une moyenne de marché ni un taux opposable. Un métier rare, une mission de quelques jours ou un bassin tendu poussent la délégation au-dessus. Un volume long, un candidat apporté par le client et un paiement rapide tirent la gestion vers le bas. Le chiffre que vous signez est celui qui couvre votre coût, pas celui qu'un confrère a laissé entendre.

Prism'emploi, dans son rapport économique et social 2024, décrit les agences comme une interface locale entre entreprises et actifs, avec plus de 12 000 implantations. Ce maillage est précisément ce que paie un coefficient de délégation : trouver quelqu'un sur le bon bassin. Le rapport ne publie aucun coefficient type. Pour voir quelles agences sont déjà présentes avant d'ouvrir une grille, partez des pages ville, par exemple l'intérim à Paris et l'intérim à Lyon, ou de l'annuaire des villes.

Ce que le coefficient absorbe, et ce qui se facture à part

Dans une grille propre, le coefficient absorbe le salaire brut de référence, les cotisations patronales, l'indemnité de fin de mission et l'indemnité compensatrice de congés payés lorsqu'elles sont dues, une part du suivi de la personne, le coût de recrutement en délégation, et la marge : structure, risque, financement du délai de paiement. Le Service-Public rappelle que l'intérimaire perçoit au moins le salaire d'un salarié de l'entreprise utilisatrice à qualification et poste équivalents, primes et accessoires compris, après la période d'essai. L'article L1251-32 fixe l'indemnité de fin de mission à 10 % de la rémunération totale brute due au salarié. Le Service-Public précise qu'une convention peut prévoir une autre règle, et que l'indemnité n'est pas due dans plusieurs cas. L'indemnité de congés payés ne peut pas être inférieure à 10 % de la rémunération totale brute, indemnité de fin de mission comprise. Ces lignes sont des planchers de coût, pas des options du devis.

Retirer l'indemnité de fin de mission d'un chiffrage se décide cas par cas, pas par habitude. Le Service-Public cite notamment l'embauche en CDI par l'entreprise utilisatrice dès la fin de la mission, une rupture à l'initiative du salarié, une faute grave, la force majeure, ou un contrat saisonnier lorsque l'accord applicable ne la prévoit pas. Tant que le cas n'est pas établi, gardez-la dans le coût. L'indemnité de congés payés, elle, est due pour chaque mission.

Ce qui peut rester hors coefficient, et doit alors être écrit à part : majorations de nuit, de dimanche ou de jour férié si elles ne sont pas déjà dans l'assiette, indemnités de transport ou de repas, équipements propres au poste, visite facturée à l'unité, formation demandée par le site, et condition financière si l'entreprise utilisatrice embauche l'intérimaire. Le contrat de mission doit indiquer que cette embauche n'est pas interdite ; le prix éventuel de cette embauche est une clause commerciale, distincte du coefficient. Le suivi par la médecine du travail fait partie des droits du salarié en mission. Son coût, pour l'agence, est souvent absorbé dans le coefficient ou facturé à part : les deux sont des choix de grille, à écrire. Deux devis au même coefficient divergent dès que l'un inclut la visite et les majorations et que l'autre les ajoute en fin de facture.

Bascule, prix plancher et comparaison de devis

La bascule est le passage, prévu au contrat commercial, d'un coefficient de délégation à un coefficient de gestion après une durée convenue : souvent plusieurs mois de mission continue, ou dès que le candidat a été apporté par le client. Ce n'est pas une obligation légale et aucun délai n'est fixé par les textes. C'est un levier. L'agence amortit son coût de recrutement sur la première période, le client voit le prix baisser une fois le profil en place, et les deux évitent une remise sèche dès le premier jour. Écrivez le délai, le nouveau coefficient, l'assiette inchangée, et ce qui se passe si la mission s'interrompt avant l'échéance. Une bascule seulement orale devient un litige à la facture.

Côté agence, le coefficient se défend par le prix plancher, pas par un slogan. Reconstruisez le coût complet, refusez ce qui passe dessous, et n'échangez une baisse que contre une contrepartie réelle : durée, volume écrit, délai de paiement plus court, exclusivité, ou candidat déjà identifié. Côté entreprise utilisatrice, deux agences ne se comparent que si le brut de référence, le traitement de l'IFM et de l'ICP, les majorations et les frais annexes sont alignés. Le coefficient le plus bas n'est le moins cher que sur cette base commune. Le détail du coût d'une heure, vu du client, est traité à part : ici, l'enjeu est de tenir la même assiette des deux côtés de la table.

Conseils pratiques

  • Faites écrire l'assiette avant le coefficient : brut seul, ou brut plus primes et majorations. Sans cette ligne, le taux ne se compare pas.
  • Chiffrez l'IFM et l'ICP dans le coût par défaut, et ne retirez l'IFM que lorsque le cas de non-versement est établi.
  • Posez la bascule par écrit : durée, nouveau coefficient, assiette inchangée, et sort de la mission si elle s'arrête avant.
  • Donnez au commercial le prix plancher de la mission, pas seulement un coefficient cible à défendre en rendez-vous.
  • Pour comparer deux agences, alignez le brut, le traitement de l'IFM et de l'ICP, les majorations et les frais annexes sur une seule grille.

Erreurs à éviter

  • Présenter une fourchette entendue en rendez-vous comme un taux légal ou comme une moyenne de marché.
  • Passer en coefficient de gestion sans écrire ce qui sort du service : sourcing, délai de présentation, remplacement.
  • Comparer deux devis dont l'un inclut la visite et les majorations et l'autre les ajoute en fin de facture.

Questions fréquentes

Existe-t-il un coefficient de délégation légal ?

Non. Le coefficient de délégation, le coefficient de gestion et le coefficient de facturation sont commerciaux. Les textes fixent notamment l'égalité de rémunération, l'IFM et l'ICP. Ils ne fixent pas le prix de vente de l'agence.

Quelle différence entre coefficient de délégation et coefficient de gestion ?

En délégation, l'agence trouve le candidat : le coefficient paie la recherche en plus du coût employeur. En gestion, la personne est déjà identifiée : l'agence reste l'employeur, mais le coefficient ne rémunère plus le même travail de sourcing. L'écart se négocie. Il n'est pas inscrit dans la loi.

La bascule vers la gestion est-elle obligatoire au bout de quelques mois ?

Non. Aucun texte n'impose de baisser le coefficient après une durée donnée. La bascule est une clause commerciale : délai, nouveau taux et assiette doivent être écrits. Sans écrit, elle ne lie personne.

Comment comparer deux devis d'intérim sur le coefficient ?

Uniquement sur la même base : même brut de référence, même traitement de l'IFM et de l'ICP, mêmes majorations, mêmes frais annexes (visite, transport, équipements). Deux coefficients isolés ne disent pas lequel coûte le moins.

Sources primaires

Revenir en haut de la page