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Construire son prix plancher mission par mission

Un prix plancher calculé pour chaque mission protège votre marge et donne un cadre clair à la négociation commerciale.

Beaucoup d'agences négocient un coefficient ou un prix horaire en aveugle, sans savoir à partir de quel niveau la mission devient déficitaire. Le prix plancher répond à une seule question : en dessous de quel tarif vous perdez de l'argent sur cette mission précise ? Tant que ce chiffre n'est pas posé, chaque remise accordée se fait au hasard.

Pourquoi un prix plancher se calcule mission par mission

Négocier uniquement le coefficient ou le prix horaire, sans référence de coût, revient à piloter à l'aveugle. Deux missions au même coefficient peuvent avoir des marges très différentes selon le risque d'absence, le délai de paiement du client ou le coût d'acquisition du candidat. Un coefficient unique appliqué à tout votre portefeuille masque ces écarts et laisse passer des missions déficitaires sans que personne ne le voie.

Le bon réflexe est d'établir un prix plancher propre à chaque mission : le tarif en dessous duquel vous savez que vous perdez de l'argent. Ce chiffre n'est pas un objectif commercial, c'est une limite. Il donne à votre commercial une borne nette pendant la négociation et vous évite d'accepter, par réflexe ou sous pression, un tarif que vous regretterez à la facturation.

Les composantes du prix plancher

Le prix plancher s'additionne brique par brique. On part du coût direct complet : salaire brut, charges, IFM, ICP et coûts directs liés à la mission. À ce socle s'ajoutent le coût d'acquisition du candidat, le coût du risque d'absence ou de no-show, et le coût de non-qualité. Chacune de ces lignes correspond à une dépense réelle que la mission doit couvrir avant même de parler de profit.

Deux postes sont souvent oubliés et pèsent pourtant lourd : le coût de financement du délai de paiement, c'est-à-dire votre DSO, puisque vous avancez les salaires bien avant d'être réglé ; et la marge cible, qui n'est pas un bonus mais la rémunération du risque que vous portez. La somme de toutes ces composantes donne votre prix plancher. En dessous, la mission ne tient pas économiquement.

Faire du prix plancher un outil de négociation

Une fois le plancher posé, il structure la discussion commerciale au lieu de la subir. Toute concession tarifaire doit s'échanger contre un élément économique réel : exclusivité, volume minimal garanti, validation hebdomadaire des relevés d'heures, délai de paiement plus court, visibilité sur le planning, ou ouverture à des recrutements CDD/CDI à plus forte marge. Une remise gratuite est une perte sèche ; une remise contre contrepartie rééquilibre l'économie de la mission.

Concrètement, votre commercial garde le plancher en tête et ne descend jamais en dessous sans obtenir quelque chose qui améliore le coût ou le risque ailleurs. Un délai de paiement raccourci réduit votre coût de financement ; un volume garanti dilue votre coût d'acquisition ; une exclusivité sécurise le remplissage. Chaque levier compense la baisse de prix par une baisse de coût, ce qui maintient la marge à l'équilibre.

Conseils pratiques

  • Calculez et validez la marge AVANT d'envoyer le devis : c'est le moment où la correction ne coûte rien.
  • Listez vos contreparties acceptables (exclusivité, volume, DSO court, validation hebdo des heures) avant le rendez-vous, pour ne jamais improviser une remise.
  • Donnez à chaque commercial le prix plancher de la mission, pas seulement un coefficient cible : il négocie alors avec une borne, pas une intuition.
  • Intégrez le coût du DSO dans le plancher : avancer les salaires plusieurs semaines avant d'être payé a un coût réel que le tarif doit couvrir.

Erreurs à éviter

  • Négocier un coefficient ou un prix horaire unique pour tout le portefeuille, sans référence de coût mission par mission : les missions à risque élevé passent en perte sans alerte.
  • Accorder une remise sans contrepartie : chaque point cédé sans exclusivité, volume ou délai de paiement raccourci est une érosion de marge sèche.

Questions fréquentes

Prix plancher et prix de vente, est-ce la même chose ?

Non. Le prix plancher est la limite basse en dessous de laquelle la mission est déficitaire. Le prix de vente est ce que vous facturez réellement, idéalement bien au-dessus du plancher. Le plancher sert de garde-fou, pas d'objectif.

Faut-il vraiment recalculer un plancher pour chaque mission ?

Oui, car les composantes varient : risque d'absence, coût d'acquisition, délai de paiement du client changent d'une mission à l'autre. Un plancher unique masque ces écarts et laisse passer des missions déficitaires.

Un client demande une remise : comment réagir sans casser la marge ?

Ne refusez pas en bloc, mais n'accordez rien gratuitement. Échangez la remise contre un élément économique réel : exclusivité, volume minimal garanti, délai de paiement plus court ou validation hebdomadaire des relevés d'heures. La baisse de prix doit être compensée par une baisse de coût ou de risque.

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